Coordination de ARICY CURVELLO
GILBERTO MENDONÇA TELES
A ARTE DE AMAR
Abro o espaço da fome e me abasteço
das coisas mais comuns.
Sou trivial e sóbrio, mas faminto.
Amo o jogo das tripas e dos tropos
e todo dia exercito a competência
da língua retorcida como um búzio
nas vésperas da posse.
E sete vezes sete ( e mais a conta
dos números do mito ) arremeti
meus dardos contra os muros
dessa tebas morena de mil olhos.
E sete vezes sete ( e mais o fôlego
dos gatos guturais ) recomecei
o gesto natural da minha flauta
que a chuva modulava no alicerce,
como a canção de amor que principiava
pelas curvas do ventre nos espelhos.
L’ ART D’ AIMER
J’ ouvre l’ espace de la faim et je m’ en approvisionne
des choses les plus communes.
Je suis trivial e sobre, mais affamé.
J’ aime le jeu des tripes et des tropes
et tous les jours j’ excite ma compétence
la langue tordue comme un buccin
à la veille de la possession.
Et sept fois sept (et plus le compte
des numéros du mythe) j’ ai lancé
mes dards contre les murs
de cette Thèbes brune de mille yeux.
Et sept fois sept ( et plus l’ haleine
des chats gutturaux) j’ ai recommencé
le geste natural de ma flûte
que la pluie modulait dans le fondement,
comme la chanson de l’ amour qui commençait
par les courbes du ventre dans les miroirs.
Ø Đ Φ
( Da antologia bilingüe “Poésie du Brésil”, seleção de Lourdes Sarmento, edição Vericuetos, como nº 13 da revista literária francesa “Chemins Scabreux”, Paris, setembro de 1997. Traduções de Lucilo Varejão, Maria Nilda Miranda Pessoa e outros.O poema acima foi compilado por Olga Savary.)
De
Gilberto Mendonça Teles
La Syntaxe invisible e L´Animal.
Trad. Catherine Dumas et Christine Choffey.
Paris: Éditions Caractères, 2006. 120 p.
ISBN2-85446-407-9
PLURIEL DE NUAGES
S'il est un pluriel de nuages et s'il est des ombres
projetées au texte des cavernes,
pourquoi ne pas plonger, ne pas tonter en ondes
Ia réfraction des poissons et des pierres ?
Il est toujours quelque brume, une face obscure
qui parcourt le poème. Au bilan, un faisceau
de formes biaisées, une presque armure
qui ne resiste guère à ton assaut.
Si quelque jour au contre-jour s'esquisse,
s'il est au fil des temps lumière et vent,
à l'embouchure du fleuve, peut-être, une autre ville
s'offre à tes yeux au soleil levant.
L´important est marcher, cueillir fleurettes,
se faire un total d'(im)possibles parcelles,
parachever certaines, et créer dans le temps
des bribes d'illusions et primevères.
L'important est lire la cavité
des nuages, et scruter leurs non-dits :
le reste, ce sont armes pour ton combat,
fausses alarmes pour tes sens.
(Plural de nuvens, 1984)
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